A la découverte de la Norvège et du cercle polaire arctique

Un voyage de noces en Norvège et à la découverte du cercle arctique - Photos et récit : Julien Navarre Photography - A découvrir sur le blog mariage www.lamarieeauxpiedsnus.com

Cela faisait longtemps que je n’avais pas publié ici le récit d’un voyage, mais lorsque j’ai découvert les images du voyage de Julien il y a quelques jours, je lui ai demandé si il voulait bien partager avec nous le récit de sa découverte de la Norvège et du Cercle Polaire Arctique. De quoi peut être vous donner des idées pour votre prochain voyage de noces

“(…) Après un peu plus de 4000 kms à traverser le nord de l’Europe jusqu’à la Norvège, mon petit van et moi arrivons enfin à notre destination : Le Cercle Polaire Arctique. Objet de toutes mes pensées ces dernières semaines, le cercle est devenu une obsession, mon Graal ! Mon tour du monde en 80 jours. Il y a quelque chose de magnétique et mystérieux là-dedans, presque mystique. Et même si je n’aime pas trop ce mot « mystique », celui-ci prend tout son sens à mes yeux dans cet endroit. Tout est magnifiquement blanc, partout. La route qui mène à la région du Nordland n’est pas tellement empruntée. Des murs de neige et de glace ont été érigés par les chasses neige de part et d’autre de la chaussée, formant un étroit passage, forçant à ralentir lorsqu’une voiture arrive en face.”

“Et puis soudain, sur ma droite, un simple petit panneau l’indique : le Cercle Arctique ! Comme s’il s’agissait d’une aire de repos ou du marchand de glace du quartier ! De la glace ! Certainement la dernière chose que j’aimerais manger là tout de suite tellement je suis entouré de cet élément. D’ailleurs je n’ai pas faim. Le spectacle de ce champ de yaourt crémeux me laisse sans voix.

C’est magnifique ! Du blanc sur 360° et jusqu’à l’horizon. La route est tapissée de ce mélange de neige et de glace compressée me faisant quasiment perdre tous mes repères. Je suis la trace des autres camions ayant laissé leurs empreintes dans le sol, formant de jolies lignes aux motifs réguliers, seule représentation de l’homme dans cette immensité où la nature prend le dessus : un motif, c’est tout.

J’aperçois à une centaine de mètres derrière moi un grand mur de neige, un dôme indiquant les coordonnées du cercle polaire : 66° et 33 minutes ! Le temps est superbe, une tempête de ciel bleu comme le disent avec humour les radios amateurs. Une discipline qui permet à ces passionnés de faire des échanges radio des deux bouts de la planète.

J’arrête le moteur et j’ouvre la portière : le sol parait glissant. J’attrape les crampons de ma main droite, juste au cas où. Je balaye le sol de mon pied gauche : ça tient, je peux y aller ! La neige m’arrive jusqu’au genou, j’avance doucement en direction du Dôme. Le Cercle Arctique, le dôme. C’est incroyable comme deux mots peuvent évoquer à eux seuls un monde fantastique peuplé de fantômes de voiles blancs, glissants sur ce décor immaculé et minimal.”

“Des outils, des caisses et des rouleaux de câble un peu partout jonchent le sol devant l’entrée du bâtiment. Je m’approche de la porte et lance “Hello?” un peu timide.”- Is it Open ?” . Visiblement les quelques gars qui travaillent ici sont trop occupés pour me répondre. Je m’approche quand même de l’un d’eux et insiste. J’ai rapidement ma réponse : les travaux se terminent dans 3 jours, le dôme ouvrira lundi. Mince. Pas de bol. Je passerais donc sur la carte postale bicolore, l’aimant de frigo-esquimau et le porte-clefs souvenir ouvre canette ! Il faut savoir se passer de produits de consommation courante à l’autre bout du monde, sans frustration. De plus, l’étroitesse de Cheyenne, mon van, m’interdit ce genre d’achat compulsif. On se fait vite une raison aux choses et de toute façon le temps fait son boulot et finit par atténuer le manque. Me voilà sauvé ! -5° et un sol de cristal, je pose mes pas avec précaution et je m’en retourne vers Cheyenne en empruntant une véritable patinoire improvisée, je serre les genoux, un peu joueur.”

“Le coeur léger et enivré par toute cette beauté, je pense à tous ces moments de la vie courante menant lentement vers ces moments rares. Ceux dont on ne prend pas garde et qui sont faits de tout et de rien.  Véritables squelettes qui supportent sans y faire attention tous ces précieux moments, c’est ça la vie ! On ne sait pas trop où on va, mais on sait qu’elle sera faite de quelques bons quarts d’heure. Alors je prends ! En refermant la portière, j’ai dix idées à la seconde. Appeler Naïma pour lui communiquer ma joie égoïste, crier au monde comme je peux être heureux là tout de suite maintenant, en réalisant une vidéo en direct sur les réseaux sociaux et faire mousser mon égo. La neige, je vous avais dit : ça grise ! D’autres pensées plus ridicules encore me viennent, comme fabriquer un drapeau avec un vieux t-shirt et le planter sur la crête d’une congère ! Ça aura eu au moins l’avantage d’épaissir un peu les lignes de mon carnet de voyage.”

“Mon pote Didier m’appelle sur Skype, il m’a vu sur Facebook. Il veut que je lui fasse visiter Cheyenne en direct. Il veut savoir comment on fait pour vivre dans un endroit ridiculement petit à la manière des marins qui passent leur temps à arranger leur cellule. Aussi incroyable que ça puisse être, la 4G aussi est au rendez-vous. C’est terminé cette ère coupé de tout, cette étape où la marche arrière n’est plus possible. Certes, ça casse un peu la notion d’aventure d’être continuellement relié à ce fil imaginaire. Mais ça permet aussi de partager son aventure en direct ! Je trouve cela formidable cet instantané visuel qui permet de pouvoir vivre des trucs avec ses proches. Surtout après tant de temps passé seul dans son camion, à finir par lui parler et lui demander comment il se porte le matin au réveil.”

“Quelques dizaines de minutes plus tard, un peu en redescente, je finis par me calmer et envisage de rester là tout l’après-midi. Chaussant cette fois-ci les crampons, je pars à pied pour une petite excursion dans les environs.
La neige craque sous le poids de mon corps, mes foulées sont un peu pénibles, mais je suis toujours envahi par cet état de béatitude, je ne me rends pas compte de la fatigue accumulée par tous ces élans gourmands en énergie. J’avance bien, mais comme je n’ai pas vraiment d’autre but que de me balader, je ne suis aucun objectif visuel particulier. D’ailleurs il n’y a pas grand-chose à rejoindre. C’est un peu comme s’il avait neigé sur le Sahara : à part des congères et des grands aplats blancs, il n’existe rien aux alentours (…)”

Vous êtes photographe et vous vous retrouvez dans l'esprit La mariée aux pieds nus, n'hésitez pas à nous contacter pour partager vos images à lmapn.publications@gmail.com . Les astérisques marquent des liens affiliés. Pour en savoir plus, n'hésitez pas à consulter la page Mentions Légales du site.
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  1. Mélodie says:

    C’est merveilleux… Et ces images…On s’y croirait !!

  2. Sarah says:

    Sublime ! Ces photos sont incroyables, elles donnent envie de vivre cette aventure !

  3. […] LA MARIEE AUX PIEDS NUS – A LA DECOUVERTE DE LA NORVEGE & DU CERCLE POLAIRE ARCTIQUE […]

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